Focus sur le dispositif des petits déjeuners à l'école
Un petit déjeuner complet et équilibré est en lien avec l'éducation à l'alimentation et au goût. Dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté, des petits déjeuners sont offerts aux élèves dans les territoires prioritaires.
Enjeux
Le dispositif des petits déjeuners contribue à lutter contre les inégalités, répond à un enjeu de santé publique et favorise les apprentissages.
Dans son avis publié en octobre 2020, le Haut conseil de la santé publique (HCSP) rappelait que « le petit déjeuner est une prise alimentaire importante chez les enfants qui doit être encouragée ». Étant donné l’organisation de la vie familiale des enfants et des rythmes scolaires, il est conseillé une fréquence de trois repas journaliers adaptée en fonction des besoins de l’enfant (croissance, appétit, activité physique, etc.). Or, l'étude individuelle nationale des consommations alimentaires (INCA 3, 2017) soulignait que le petit déjeuner est celui des trois repas quotidiens le moins régulièrement pris.
Aussi, le dispositif des petits déjeuners est un levier pour contribuer à l’apprentissage de comportements alimentaires favorables à la santé dès le plus jeune âge. Complet et équilibré, il permet la consommation de produits alimentaires de bonne qualité nutritionnelle (produits céréaliers complets, produits laitiers, fruits). Articulé à des objectifs pédagogiques, ce dispositif contribue également à l’éducation à l’alimentation et au goût en tenant compte de toutes les dimensions du fait alimentaire : équilibre nutritionnel, enjeux d’une alimentation durable et responsable, découverte des aliments, éveil sensoriel.
Ressources documentaires
Modèles de convention et d’arrêté attributif de subvention
Outils de communication avec les parents d'élèves
Guide à destination de la communauté éducative des écoles maternelles et élémentaires
Ce guide présente les objectifs poursuivis par le dispositif. Il propose également des pistes pour organiser la distribution dans les écoles et les activités pédagogiques liées. Il est organisé en deux volets dont le premier est complété par une annexe.
Guide à destination des directions académiques des services de l'Éducation nationale (DASEN)
Guide à destination à destination des collectivités territoriales
Un petit déjeuner complet et équilibré en lien avec l'éducation à l'alimentation
En répondant aux besoins nutritionnels de l'élève, la prise du petit déjeuner favorise la concentration, l'attention et la bonne humeur, facteurs de réussite scolaire. Il est également un temps privilégié de partage et de convivialité.
| Catégorie | Contenu |
|---|---|
| Produit céréalier |
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| Produit laitier |
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| Fruits frais |
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| Hydratation |
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Pour en savoir plus sur le Nutri-Score et en faire un objet pédagogique, consulter la fiche thématique Aller vers une alimentation saine et responsable : quels enjeux pédagogiques ?
La distribution des petits déjeuners est assortie de projets d'éducation à l'alimentation
Le dispositif des petits-déjeuners ne poursuit pas qu'un objectif nutritionnel. Moment de partage et de convivialité, il s’inscrit pleinement dans les enseignements en favorisant l’acquisition de compétences langagières, sociales et citoyennes. Il permet de travailler le vocabulaire, l’oral, la découverte sensorielle, le respect d’autrui et la sensibilisation au gaspillage alimentaire, en cohérence avec les programmes.
Ce dispositif constitue également un levier majeur de réduction des inégalités. L’étude INCA 3 montrait que la prise du petit déjeuner n’est pas systématique chez les enfants : en moyenne, 3,4 élèves par classe arrivent à l’école sans avoir mangé, et jusqu’à 13 % des élèves en REP et REP+. Les causes sont multiples, manque de temps, stress, absence d’adulte le matin, mais incluent aussi des contraintes économiques, compromettant les conditions d’apprentissage et l’égalité des chances.
Dans le cadre de la Stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté, l’accès à un petit déjeuner équilibré est ainsi reconnu comme un besoin essentiel pour lutter contre les privations matérielles.
Des actions pédagogiques en lien étroit avec les programmes
Des fiches comprenant des pistes d’activités pour les cycles 1, 2 et 3 sont proposées dans le guide à destination de la communauté éducative.
Les notions au cycle 1
Les élèves apprennent à reconnaître, différencier et classer les aliments (fruits-légumes, sel-sucre, ...). Ils sont sensibilisés à la saisonnalité des aliments et expérimentent leurs sens : saveurs, odeurs, textures, goût et plaisir.
Exemples de ressources d'accompagnement autour de la pratique du petit déjeuner sous la forme de jeu symbolique à l'école maternelle :
- Activités ritualisées autour du temps (cf. page 10) : construire et utiliser une frise linéaire des moments-clefs dans les lieux de référence de la journée à l'école (petit déjeuner / travail en classe / détente / déjeuner) ;
- Activité devinettes (cf. page 20) : fruit ou légume ?
- Activité de mise en scène du petit déjeuner : composition alimentaire, ustensiles et mobilier nécessaires.
Les notions au cycle 2
L'éducation nutritionnelle est approfondie en insistant sur la catégorisation des aliments, les apports énergétiques et l'équilibre alimentaire. Les élèves prennent conscience de l'importance de la lutte contre le gaspillage et le tri des déchets. Ils sont incités à questionner le monde en étudiant l'origine des aliments.
Les notions au cycle 3, approfondies au cycle 4
Le classement des aliments, l'équilibre des menus ainsi que les besoins nutritionnels (apports/dépenses) sont développés à partir de l'étude de la pyramide alimentaire. Les élèves découvrent les modalités de la conservation des aliments (diminution et tri des déchets), et sont sensibilisés aux modes de production raisonnée en géographie ainsi qu'aux processus de décomposition de la matière en sciences de la vie et de la Terre.
Apprendre à communiquer sur la faim, les pratiques et les goûts alimentaires : le « baromètre de la faim »
Dans le cadre scolaire, la distribution du petit déjeuner est l'occasion d'apprendre aux élèves à communiquer sur les sensations associées à la faim et à la satiété.
Il est impérativement recommandé de ne pas forcer un enfant à manger s'il exprime qu'il n'a pas faim. De même, les équipes doivent être vigilantes aux risques de double prise ou d’absence de prise alimentaire À ce titre, en sus du flyer de communication adressé aux familles (recto version pdf et verso à compléter version word), l'équipe en charge de la distribution peut proposer à l'élève d'auto-évaluer le niveau de sa faim à l'aide d'un code couleur (baromètre de la faim). Avant et après la prise alimentaire, l'enfant indique la couleur qui correspond à sa faim (le rouge pour la satiété, l'orange pour une faim modérée et le vert pour une grande faim) et la couleur qui correspond au plaisir gustatif éprouvé en mangeant (le bleu pour un plaisir faible, le jaune pour un plaisir satisfaisant, le violet pour un plaisir très satisfaisant).
L'enfant apprend ainsi à être attentif aux sensations corporelles associées à la faim et découvre que le plaisir gustatif est proportionnel à la faim.
La collation matinale à l'école et les prises alimentaires encadrées
La collation matinale à l'école n'est ni systématique ni obligatoire.
Aucun argument nutritionnel ne justifie la collation matinale de 10 heures qui aboutit à un déséquilibre de l'alimentation et à une modification des rythmes alimentaires des enfants.
Selon l’avis du HCSP publié en 2020, la pratique de la collation matinale, entre le petit déjeuner et le repas de midi ou en début d’après-midi (à 15h) organisée à l’école, n’est pas recommandée. La multiplication des prises alimentaires en dehors des repas peut pénaliser la consommation des aliments recommandés au cours des repas.
Dans le cadre de moments ponctuels afin de découvrir des aliments et d’éveiller le goût des enfants, des dégustations notamment de fruits sont possibles, par exemple dans le cadre du programme européen de distribution de fruits et légumes et de lait et produits laitiers à l’école.
D'autres moments de la vie de l'école sont l'occasion de prises alimentaires supplémentaires : goûters d'anniversaire, fêtes de Noël, carnaval ou fin d'année. Ces événements festifs qui intègrent un apport alimentaire offrent, lorsqu'ils gardent leur caractère exceptionnel, un moment de convivialité, de partage et de diversité des plaisirs gustatifs, en même temps qu'ils créent des liens avec les familles le plus souvent associées à leur préparation.
Il est cependant souhaitable de ne pas les multiplier et de les regrouper par exemple mensuellement, afin d'éviter des apports énergétiques excessifs. Par ailleurs, quel que soit le temps éducatif concerné, il est fortement recommandé que les viennoiseries, confiseries, boissons sucrées et biscuits soient strictement limités.
À l'école élémentaire, il faut également être vigilant aux prises alimentaires lors des récréations.
Avis et recommandations des autorités sanitaires
Un dispositif attentif au respect des règles d'hygiène alimentaire et de sécurité sanitaire
La mise en œuvre du dispositif est soucieuse du respect collectif des règles d'hygiène alimentaire et de sécurité sanitaire. Afin de veiller au respect de ces règles, il convient de mettre à disposition dans les écoles des installations sanitaires suffisantes, et correctement équipées permettant le lavage, le séchage des mains et l'accès à l'eau potable.
L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (ANSES) préconise des gestes simples pour prévenir les risques microbiologiques (Conseils d'hygiène dans la cuisine, ANSES, 2020) :
- Des mains toujours bien propres : avant et après la prise alimentaire, les mains doivent être lavées avec de l'eau et du savon liquide. Les mains doivent être séchées avec une serviette à usage unique ou un séchoir automatique.
- L'application de mesures spécifiques en cas de maladie contagieuse : lavage soigneux des mains et des surfaces, port de masque anti-projections.
- Le respect de la chaîne du froid : conservation des aliments emballés à une température comprise entre 0 et +4°C dans un réfrigérateur étanche et propre.
- L'usage d'ustensiles de cuisine différenciés en fonction des aliments (crus ou cuits).
L'hygiène bucco-dentaire
Dès la maternelle, l’apprentissage de la santé bucco-dentaire permet aux enfants d’intégrer de bonnes habitudes d'hygiène et d'alimentation et des gestes quotidiens à appliquer. La protection de leur capital dentaire en dépend et est renforcée par l'utilisation de fluor dans les dentifrices.
Le dispositif des petits déjeuners se prête à la mise en œuvre d'activités éducatives et pédagogiques sur l'hygiène bucco-dentaire.
- La santé bucco-dentaire à l'école, une fiche repère de l'Union française pour la santé bucco-dentaire (UFSBD)
Allergies alimentaires
Un projet d'accueil individualisé (PAI) peut être mis en place pour les élèves ayant une intolérance et/ou une allergie alimentaire.
Retrouver plus d'informations sur la page éduscol Poursuite de la scolarité avec des traitements médicaux particuliers.
L'affichage INCO (Règlement dit INCO, 2011) peut permettre aux enfants et adolescents, selon leur maturité, de composer leur repas en fonction des évictions nécessaires.
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éducation à la santé
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éducation prioritaire
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