L’entrée au Panthéon de Robert Badinter (1928-2024)

Le 9 octobre 2025, jour anniversaire de la promulgation de la loi d’abolition de la peine de mort en 1981, a eu lieu l’entrée au Panthéon de Robert Badinter, ambassadeur de l’État de droit et serviteur d’un droit et d’une justice plus humains.

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Une vie au service des droits humains

Robert Badinter est décédé le 9 février 2024, à l’âge de 95 ans. Son parcours, à la longévité exceptionnelle, constitue un modèle d’engagement au service de l’État de droit et des valeurs républicaines.

Né à Paris en 1928 dans une famille juive, Robert Badinter doit se réfugier en Savoie durant la Seconde Guerre mondiale pour échapper à la déportation. Après-guerre, il suit des études de droit (licencié en 1948, agrégé de droit privé en 1965). Il exerce ensuite comme avocat d’affaires à la Cour d’appel de Paris (1951-1981) et professeur de droit privé (1966-1994).

Ministre de la justice de 1981 à 1986 sous la première présidence socialiste de la Cinquième république, il est ensuite président du Conseil constitutionnel jusqu’en 1995, avant de terminer sa carrière publique comme sénateur socialiste de Paris (1995-2011).

Au niveau européen, Robert Badinter préside de 1991 à 1993 la Commission d'arbitrage pour la paix en Yougoslavie de la Commission européenne. À partir de 1995, il est président de la Cour européenne de conciliation et d'arbitrage de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Enfin, professionnel du droit mondialement reconnu, Robert Badinter accompagne la rédaction de plusieurs constitutions. Il a été mandaté en 2004 par le secrétariat général de l’ONU comme personnalité de haut niveau dans le cadre de la rédaction d’un rapport sur la sécurité dans le monde.

Dans ses différentes fonctions, Robert Badinter a mené des combats pour faire progresser le droit ou ses procédures en l’adaptant aux transformations durables de la société : abolition de la peine de mort, « dépénalisation » de l’homosexualité, captation audiovisuelle des procès historiques à des fins d’archivage et de transmission, préparation de la procédure de question prioritaire de constitutionnalité (QPC), recours du justiciable devant la Cour européenne des droits de l’homme, etc.

Cette entrée au Panthéon est l’occasion de rappeler les valeurs et les principes de la République inscrits dans la devise nationale, socle du parcours et de l’œuvre de Robert Badinter et portés par l’École : l’égalité avec l’émancipation par l’éducation, la liberté par la garantie des droits individuels, la fraternité avec la défense de la dignité, l’unité de la République, la démocratie comme bien collectif au service des individus, l’État de droit.

Les entrées des programmes d'enseignement pouvant servir aux projets à conduire avec les élèves

Les projets pédagogiques développés à l’occasion de cette entrée au Panthéon permettent à fois de s’approprier les valeurs défendues par Robert Badinter, mais aussi de retracer les mutations et progrès sociaux depuis 1945. Le très riche parcours de Robert Badinter trouve des échos dans les programmes de plusieurs disciplines et à tous les niveaux de classe visés par l’appel à projets.

Les projets peuvent être conduits dans différentes disciplines ou de manière transversale.

Deux axes peuvent servir de fil conducteur :

  • un droit et une justice plus humains ;
  • l’État de droit.

Dans le premier axe, il s’agit de comprendre le sens et les finalités d’un ou plusieurs combats juridiques menés par Robert Badinter.

Dans le second axe, il s’agit d'étudier le principe de l’État de droit et du fonctionnement de la justice au travers des actions de Robert Badinter. Par État de droit, on entend un État dans lequel la puissance publique est soumise aux règles de droit. Robert Badinter a travaillé sur ses trois caractéristiques que sont la séparation des pouvoirs, le respect de la hiérarchie des normes et l’égalité devant la loi.

  • En tant que serviteur d’un droit et d’une justice plus humains, Robert Badinter a porté la loi devenue constitutionnelle abolissant la peine de mort, inscrite dans les programmes d’histoire de troisième et de terminale générale. Sa lutte contre l’antisémitisme peut être évoquer dans l'enseignement d’HGGSP de terminale.
  • En tant qu’ambassadeur de l’État de droit, Robert Badinter a œuvré en droit national comme en droit international. Concernant la séparation des pouvoirs, ses prises de positions régulières en faveur de l’indépendance de la justice et le rôle de la loi peuvent s’insérer dans l’étude des institutions de la cinquième République au programme d’histoire de troisième et de terminale ou d’HGGSP de première. Concernant l’égalité en droit, sa volonté d’ouvrir aux justiciables la saisine du Conseil constitutionnel témoigne du souhait de Robert Badinter de mettre à égalité les citoyens, sujets de droits dotés de la personnalité juridique en tant que personnes physiques, et l’État considéré comme une personne morale. Son action a abouti à la création de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC), procédure qui permet au citoyen de se tourner vers le Conseil constitutionnel s’il estime qu’une loi porte atteinte aux droits et libertés constitutionnelles. Concernant la hiérarchie des normes, le recours d’un citoyen français devant la Cour européenne des droits de l’Homme concrétisé par Robert Badinter, témoigne de la prise en compte du droit européen dans le droit français. Les programmes d’histoire du cycle 3 au lycée peuvent s’y référer.

Ces entrées dans les programmes d’Histoire et HGGSP peuvent être articulées avec les programmes d’EMC dans un travail en équipe pédagogique.

Ressources d’accompagnement des programmes

  • En tant que serviteur d’un droit et d’une justice plus humains, la lutte de Robert Badinter contre l’antisémitisme peut être traitée en enseignement moral et civique (EMC) avec les classes de cinquième et de première.
  • En tant qu’ambassadeur de l’État de droit, Robert Badinter a œuvré en droit national comme en droit international. Concernant la séparation des pouvoirs, son parcours professionnel peut être l’occasion d’étudier le système judiciaire dans le cadre du programme d’enseignement moral et civique des classes de quatrième ou de seconde. Concernant l’égalité en droit, sa volonté d’ouvrir aux justiciables la saisine du Conseil constitutionnel témoigne du souhait de Robert Badinter de mettre à égalité les citoyens, sujets de droits dotés de la personnalité juridique en tant que personnes physiques, avec l’État considéré comme une personne morale. Son action permet au citoyen de se tourner vers le Conseil constitutionnel s’il estime qu’une loi porte atteinte aux droits et libertés constitutionnelles, c’est la procédure de question prioritaire de constitutionnalité. Concernant la hiérarchie des normes, le recours d’un citoyen français devant la Cour européenne des droits de l’Homme concrétisé par Robert Badinter, témoigne de la prise en compte du droit européen dans le droit français. Les programmes d’EMC du cycle 3 au lycée peuvent se référer à ces deux caractéristiques.

Ces entrées dans les programmes d’EMC peuvent être articulées avec les programmes d’histoire et d’HGGSP dans un travail en équipe pédagogique.

Ressources d’accompagnement des programmes

En tant que serviteur d’un droit et d’une justice plus humains, Robert Badinter a porté la loi devenue constitutionnelle d’abolition de la peine de mort qui peut être travaillée au travers d’une œuvre littéraire en classe de seconde. Les plaidoiries et discours prononcés par Robert Badinter en faveur de l’abolition de la peine de mort, de la dépénalisation de l’homosexualité, de la réinsertion des détenus ou la lutte contre l’antisémitisme peuvent être travaillés tant en lettres modernes du cycle 4 au lycée que dans le programme d’HLP en classe de première.

  • En tant que serviteur d’un droit et d’une justice plus humains, les mesures visant à considérer les détenus comme des individus à réinsérer et non pas uniquement comme des individus à sanctionner peuvent être abordées dans le cadre du thème de la justice du programme de philosophie.
  • En tant qu’ambassadeur de l’État de droit, Robert Badinter a œuvré en droit national comme en droit international. Concernant la séparation des pouvoirs, ses prises de positions régulières en faveur de l’indépendance de la justice et le rôle de la loi peuvent s’insérer dans l’étude du thème de l’État en philosophie en terminale. Concernant l’égalité en droit, sa volonté d’ouvrir aux justiciables la saisine du Conseil constitutionnel témoigne du souhait de Robert Badinter de mettre à égalité les citoyens, sujets de droits dotés de la personnalité juridique en tant que personnes physiques, et l’État considéré comme une personne morale. Son action permet aujourd'hui au citoyen de se tourner vers le Conseil constitutionnel s’il estime qu’une loi porte atteinte aux droits et liberté constitutionnelles, par la question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Concernant la hiérarchie des normes, le recours d’un citoyen français devant la Cour européenne des droits de l’Homme concrétisé par Robert Badinter, témoigne de la prise en compte du droit européen dans le droit français. Le programme de philosophie en terminale peut s’y référer dans l’étude de la Liberté, de la Vérité, ou du Devoir.

Consulter les ressources sur les thèmes et les notions philosophiques à disposition sur la page de la discipline.

En tant qu’ambassadeur de l’État de droit, Robert Badinter a œuvré en droit national comme en droit international. Concernant la séparation des pouvoirs, ses prises de positions régulières en faveur de l’indépendance de la justice et le rôle de la loi peuvent s’insérer dans l’étude des institutions de la cinquième République au programme de SES de seconde. Concernant l’égalité en droit, sa volonté d’ouvrir aux justiciables la saisine du Conseil constitutionnel témoigne du souhait de Robert Badinter de mettre à égalité les citoyens, sujets de droits dotés de la personnalité juridique en tant que personnes physiques, et l’État considéré comme une personne morale. Son action permet au citoyen de se tourner vers le Conseil constitutionnel s’il estime qu’une loi porte atteinte aux droits et libertés constitutionnelles, par le biais de la question prioritaire de constitutionnalité (QPC).

En tant qu’ambassadeur de l’État de droit, Robert Badinter a œuvré en droit national comme en droit international. Concernant la hiérarchie des normes, le recours d’un citoyen français devant la Cour européenne des droits de l’Homme concrétisé par Robert Badinter, témoigne de la prise en compte du droit européen dans le droit français. Les programmes des langues vivantes du cycle 3 au lycée peuvent s’y référer en civilisation au regard de l’histoire ou du fonctionnement de la justice dans les pays étudiés.

Le parcours de Robert Badinter peut trouver de nombreux ancrages dans le programme de DGEMC en classe terminale, notamment dans les « Sources du droit » (Constitution ; Les lois, décrets, arrêtés et ordonnances), dans « Les relations internationales et le droit », dans « Les sujets de droits, dans «  Liberté, égalité, fraternité », dans « Personnes et familles » (Sexe, droit et normes sociales ; Harcèlement et diffamation).  

En tant que serviteur d’un droit et d’une justice plus humains, l’action de Robert Badinter en faveur de la suppression des dispositions pénales discriminatoires fondées sur l’orientation sexuelle (« dépénalisation » de l’homosexualité en 1982) peut nourrir un projet éducatif à dimension citoyenne ou morale et permettre ainsi des liens avec le programme d’éducation à la vie affective et relationnelle, et à la sexualité, à partir de la classe de cinquième.

Mener des projets à l'occasion de la cérémonie d’entrée au Panthéon de Robert Badinter

Articulés aux programmes d’enseignement, les projets autour de l'entrée au Panthéon de Robert Badinter seront l'occasion de favoriser la compréhension du sens et des finalités d’un ou plusieurs des combats juridiques menés par Robert Badinter ainsi que la compréhension du principe de l’État de droit et du fonctionnement de la justice. Pour mémoire, un appel à projets a été ouvert sur ADAGE au premier trimestre de l’année scolaire 2025-2026.

Des projets qui s’inscrivent dans les actions d’éducation à la citoyenneté

Ces projets peuvent s’inscrire dans les projets d’éducation à la citoyenneté. Le travail partenarial avec un historien, un professionnel du droit, un centre d’archives, une médiathèque, un musée, une association, un ou des artistes est grandement encouragé afin de ne pas se limiter à une connaissance purement théorique. Au cycle 4, 18 heures annuelles sont ainsi prévues pour l’engagement des élèves dans ces projets. En 2025-2026 ces 18 heures sont effectives en classes de cinquième et de quatrième.

Ces projets peuvent être liés aux actions d’éducation à la citoyenneté existantes et menés avec des partenaires institutionnels, notamment le Conseil constitutionnel dont Robert Badinter a été le président. La participation au concours « Découvrons notre Constitution », dont la thématique est « L’État de droit », se prête particulièrement à des travaux visant à transmettre l’héritage d’un engagement majeur de Robert Badinter

Enfin les projets développés s’inscrivent dans le parcours citoyen et dans le parcours d’éducation artistique et culturelle des élèves.

Comment mettre en œuvre ces projets ?

Les projets développés à l’occasion de cette entrée au Panthéon de Robert Badinter peuvent prendre des formes diverses en fonction notamment de l’enseignant porteur et de l’entrée retenue dans son programme.

Les pistes qui suivent sont données à titre indicatif.

Projets centrés sur l’abolition de la peine de mort

Reconstitution de débats parlementaires ou de plaidoiries, pouvant s’effectuer à partir de la lecture d’extraits de discours, de plaidoiries, ou aboutissant à l’écriture d’une mise en scène théâtrale :

Étude de textes littéraires pouvant mener à un atelier d’écriture :

Projets centrés sur la « dépénalisation » de l’homosexualité

Recherche documentaire dans la presse de l’époque en lien avec l’éducation aux médias et à l’information (EMI) pouvant donner lieu à des ateliers d’écriture, des productions d’expositions ou des productions médiatiques :

Projets centrés sur sa lutte contre l’antisémitisme

Rédaction des mémoires fictives de Robert Badinter permettant de mener une enquête documentaire sur le contexte dans lequel il s’exprime.

  • Robert Badinter s’est régulièrement exprimé sur l’antisémitisme soit dans le cadre d’un procès (par exemple celui face au négationniste Robert Faurisson en 2007), soit après un acte grave (par exemple, lors de la profanation du cimetière de Carpentras en 1990), soit à propos du régime de Vichy (par exemple, lors de la présence inédite d’un président de la République à la commémoration de la rafle du Vel d’Hiv en 1992), soit de manière rétrospective comme à l’UNESCO en 2016.
  • Interview où Robert Badinter présente plusieurs ouvrages sur la place des juifs dans le droit français rédigés par lui-même (France Inter).
  • Agir contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine page éduscol .

Projets centrés sur l’obtention du recours individuel devant la Cour européenne des droits de l’homme

Rédaction d’un article de presse, d’un podcast fondé sur une recherche documentaire permettant de commémorer cette action en justice et d’étudier son actualité.

Réalisation d’affiches avec campagne d’affichage dans l’établissement en appui sur les arts visuels visant à saisir le sens de cette mesure.

Réalisation d’un organigramme des instances judiciaires visant une première compréhension de l’application de cette mesure.

Projets centrés sur son rôle de précurseur de la Question prioritaire de constitutionnalité (QPC) auprès du Conseil constitutionnel

Reconstitution d’un débat parlementaire sur cette innovation juridique avec préparation d’arguments contradictoires ou rédaction d’un article de presse comparatif entre le rôle du Conseil constitutionnel et celui d’une autre Cour suprême d’un pays occidental ou européen.

Projets centrés sur sa politique publique d’aide aux victimes

Recherche documentaire permettant d’aboutir à une carte mentale ou une frise chronologique sur l’étude de cette politique et son évolution.

Robert Badinter est à l’origine d’une véritable politique publique d'aide aux victimes, en œuvrant notamment pour la reconnaissance par le droit pénal du statut de victimes, par exemple pour les victimes d'accidents de la route. Un ouvrage synthétique sur cette action notamment a été rédigé par Robert Badinter lui-même, alors ministre de la Justice.

À consulter sur éduscol

  • histoire et géographie (discipline)

  • histoire-géographie (collège)

  • histoire-géographie (lycée GT)

  • histoire-géographie (lycée professionnel)

  • mémoire et histoire

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