Des ressources en histoire et en histoire des arts sur les expositions universelles à Paris
À la fois levier urbanistique, exercice architectural et exposition d’arts, les expositions universelles ont façonné les représentations de Paris. Plusieurs ressources sont mobilisables en histoire et en histoire des arts pour les étudier.
Liens aux programmes
Les expositions universelles s'inscrivent dans le programme d’histoire pour les classes de :
- quatrième, pour le thème 2 « L’Europe et le monde au XIXe siècle » ;
- première, pour le point de passage et d’ouverture du chapitre 2 Permanences et mutations de la société française jusqu’en 1914 du thème « La Troisième république avant 1914 - Un régime politique, un empire colonial ».
Elles s'inscrivent dans le programme d’histoire des arts pour la classe de première spécialité, pour la thématique Les Lieux de l’art.
Des prolongements peuvent également être établis dans le cadre du programme d’EMC, en classe de première, sur la question du racisme comme atteinte à la cohésion des sociétés démocratiques.
Les expositions universelles, laboratoires de la modernité architecturale à Paris
Plusieurs ressources sont mobilisables pour découvrir l’urbanisme parisien transformé par les grands événements internationaux que sont les expositions universelles :
- une séance détaillée, enrichie d’une animation de la série Points d’ouverture et de passage (PPO), questionne les enjeux des expositions de 1889 et 1900 sur la plateforme Etincel - Réseau Canopé ;
- des ensembles photographiques d’époque sur les expositions universelles et coloniales (1889-1937) sont disponibles sur le site de la médiathèque du patrimoine et de la photographie de Charenton-le-Pont ;
- des articles de presse, d’affiches, de gravures, sont réunis par le projet Gallica sur le site de la Bibliothèque nationale de France ;
- des plans sur l’exposition universelle de 1900 sont consultables, sur le site de l'Atlas historique de Paris.
Laboratoires de la modernité architecturale, l’étude des expositions est l’occasion de sensibiliser les élèves à la diversité des modes de représentation de l’architecture en les invitant à nommer, identifier puis décrire les coupes, plans, élévations des principaux pavillons à partir notamment de la base de données des collections du musée d’Orsay. En classe, une analyse peut aussi être menée sous l’angle des techniques et des nouveaux matériaux. Contemporain de l’industrialisation, le développement de l’architecture métallique suscite le débat entre partisans de l’éclectisme ou du rationalisme. Un article est consacré à ce sujet sur le site d’histoire de la fondation Napoléon (Napoléon III étant l’initiateur des deux premières expositions universelles de Paris en 1855 et 1867).
Par ailleurs, ces manifestations visent à faire connaître à un large public la création industrielle en confrontant les arts appliqués et les beaux-arts à l’industrie. Une page du musée des arts décoratifs de Paris (MAD) est consacrée à ces « luttes pacifiques » qui se manifestent également entre nations, dans le contexte émergent de la mondialisation. La base Joconde du ministère de la Culture recense, par date et lieu, les œuvres exposées et les artistes en compétition.
Le plus souvent éphémères, les pavillons témoignent de la vitalité de la création architecturale, voire de son exubérance et de son audace. Le dossier de l’exposition Les Expositions universelles, architectures réelles et utopiques du musée d’Orsay souligne que ces événements sont aussi conçus comme des attractions, et témoignent d’une fascination pour le rêve et le spectacle à grande échelle. La culture populaire et la mise en scène des nouvelles technologies s’associent pour créer différentes formes de divertissements, comme l’attestent les captations d’époque des frères Lumières rassemblées dans un court film (9 min) disponible sur la plateforme de l’INA.
Le spectaculaire se déploie, à la fin du 19ᵉ siècle, puis dans l’entre-deux-guerres, avec les expositions coloniales, en s’appuyant sur le fantasme de l’ailleurs pour mettre en scène une vision « impériale » de domination et de stigmatisation raciste des colonisés. Cet aspect se renforce par l’usage de spectacles et de lumières. Une visite virtuelle permet de découvrir l’aménagement intérieur des salles historiques, aujourd’hui musée national de l’histoire de l’immigration. À l’occasion de l’ouverture de l’exposition universelle d’Osaka, la série « Expositions universelles, le monde en spectacle » composé de trois podcasts disponibles sur le site de France Culture retrace l’histoire des expositions universelles, laboratoires de l’innovation.
Il est possible d’étudier avec les élèves d’autres vestiges des expositions à Paris. La capitale porte la trace de ces événements au sein des divers espaces utilisés dans le cadre des six expositions universelles organisées entre 1855 et 1937. Les bateaux-mouches en 1867, l’éclairage électrique en 1889 au métro et leurs édicules d’accès Art Nouveau d’Hector Guimard en 1900, les monuments comme la Tour Eiffel, les Grand et Petit Palais, le pont Alexandre III, le palais de Chaillot et de Tokyo sont des héritages de ces manifestations. Un scénario Édubase de l’académie de Toulouse propose aux élèves de quatrième ou de première en histoire un parcours, sous la forme d’un jeu sérieux, au sein des bâtiments emblématiques de l’exposition universelle de 1900.
Bibliothèque du Congrès des États-Unis LC-DIG-ppmsca-15645 - https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=18094947
Vue panoramique de l'exposition universelle de 1900 par Lucien Baylac (1851–1913)
Focus sur l'exposition internationale des arts décoratifs de 1925
Il est possible d'étudier dans le cadre de l’enseignement de spécialité d’histoire des arts, en classe terminale, l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925, une vitrine de l’excellence du savoir-faire français.
Plusieurs ressources peuvent aider les élèves à contextualiser le rayonnement de Paris à l’occasion de cette exposition. Présenté par la Cité de l’architecture et du patrimoine et sur le site L’histoire par l’image, le Pavillon du Collectionneur conçu par le décorateur-ensemblier Jacques-Émile Ruhlmann incarne l’élégance, le luxe et le raffinement artisanal, emblématique de l’Art Déco à la française
© ADAGP © Ministère de la Culture - Médiathèque du Patrimoine, Dist. RMN - Grand Palais / Image RMN - Grand Palais - https://histoire-image.org/etudes/hotel-collectionneur-pavillon-ruhlmann
L'Hôtel du Collectionneur - pavillon Ruhlman Exposition internationale des arts décoratifs et industriels modernes 1925. Réalisation dirigée par Ruhlmann, architecture de Pierre Patout, groupe sculpté d'Alfred Janniot "A la gloire de Jean Goujon", bas-relief de Joseph Bernard.
Des ressources documentaires
L’histoire par l’image propose un dossier sur la thématique des expositions universelles.
La Cité de l’architecture et du patrimoine propose une présentation des expositions universelles à travers des exemples de créations architecturales.
Le site Passerelle(s) de la BnF propose une page consacrée aux expositions universelles, vitrines internationales d’une société qui se métamorphose.
L’Encyclopédie numérique de l’histoire (EHNE) propose un dossier sur les expositions universelles de 1889 et de 1900.
Lumni Enseignement propose, dans une série consacrée à « Paris, capitale des arts », un article sur les salons artistiques et expositions monumentales à Paris.
La page Étudier la tour Eiffel en français, en histoire et en histoire des arts sur éduscol présente de nombreuses ressources disponibles sur cet emblème de l’exposition universelle de 1889.
Pour aller plus loin
La revue In Situ. Revue des patrimoines propose, sur Canal-U, deux conférences sur l’Art Déco, son héritage et sa diffusion sur le territoire dans le cadre du centenaire de l’exposition de 1925 :
- Pierre-Antoine Gatier, Jean-Baptiste Minnaert et Jérémie Cerman, « Conservation et restauration du patrimoine Art déco » ;
- Bernard Durand-Rival et Jean-Baptiste Minnaert, « Disneyland Paris à Val d’Europe : l’Art déco au XXIe siècle », 2025.
L’article de Pascal Ory « Les Expositions universelles, de 1851 à 2010 : les huit fonctions de la modernité », Temps croisés I, édité par Duanmu Mei et Hugues Tertrais, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, 2010, est disponible sur le site books.OpenEdition.
-
histoire des arts (discipline)
-
histoire et géographie (discipline)
-
histoire des arts (lycée GT)
-
histoire-géographie (collège)
-
histoire-géographie (lycée GT)
Sur le même thème
Histoire des arts
Actualités et accès à toutes les informations de la discipline.
Se chercher, se trouver, se construire à Paris
Comment penser et représenter la relation de l’individu à la ville dans le Paris du début du vingtième siècle ? Le professeur interroge, avec ses…
Étudier la tour Eiffel en français, en histoire et en histoire des arts
Dans ces différentes disciplines, les professeurs peuvent travailler sur la tour Eiffel pour étudier l’industrialisation et les changements qui…